Hillion Salariés, ils sont devenus leur propre patron

03/10/2014 à 15:04 par Administrateur

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Les quinze salariés des meubles Couapault, liquidés en mars, ont repris leur entreprise, sous forme de Scop. Ils sont désormais tous salariés associés et n’ont qu’un seul mot d’ordre : la confiance.

En mars dernier, quand l’entreprise familiale Couapault, qui fabrique des meubles haut de gamme depuis 1965, a été liquidée, les salariés ont bien cru que c’était la fin. « On ne pensait pas qu’on reviendrait, il y avait beaucoup de chances pour que ça s’arrête », confie Yvic Gouzouguen, opérateur de commande numérique de la société. C’était en tous cas mal parti. Couapault était déjà passé par un redressement judiciaire en 2009. La liquidation, qui faisait suite au dépôt de bilan d’Européenne de Marbre, la société à laquelle Couapault appartenait, a été pour les salariés un « gros coup sur la tête ».
Mais c’était sans compter sur Jean-Luc Dumas, un ingénieur qui souhaitait reprendre une entreprise en Bretagne. « René Couapault avait mis une annonce pour trouver un repreneur sur un site de la Chambre de commerce et d’industrie. Je ne connaissais pas le domaine des meubles, mais j’ai dans ma famille un charpentier et un menuisier. J’ai visité l’entreprise quelque temps après et j’ai rencontré une équipe soudée, performante et j’ai apprécié l’ambiance. » Il lui vient alors l’idée de proposer aux salariés de reprendre l’entreprise avec lui, sous forme de Scop (société coopérative de production).

Trois mois de réunions

« Au début, on était méfiant, on ne savait pas du tout comment ça marche, se souvient Stéphane Le Corre, ébéniste. Mais Jean-Luc Dumas nous a convaincus. Il nous a tout expliqué. » Le repreneur propose juste après la liquidation judiciaire de l’entreprise une réunion d’information aux salariés. La première d’une longue série. « Au départ, huit salariés sont venus. Et puis, petit à petit, les autres nous ont rejoints », explique celui qui est devenu gérant.
De réunions en réunions (deux par semaine), le projet commence à séduire. Surtout, les employés le voit comme un moyen de faire perdurer ce qui leur tient le plus à cœur : leur savoir-faire. Pour d’autres, les raisons sont aussi économiques. « Le boulot est tellement rare, qu’il vaut mieux créer son travail que d’en chercher. » « Mais, on voulait être sûr que ça allait marcher », insiste Stéphane Le Corre. Finalement, en juillet, les dernières craintes sont envolées. Les quinze anciens salariés se lancent et entament les démarches pour faire revivre leur entreprise, sous forme de Scop.

« On est tous patron ! »

Tous ont investi. « On a bénéficié du dispositif Arce, avec Pôle Emploi : chacun a pu investir 50 % de ses droits d’indemnités chômage. En moyenne, ça fait 16 000 € par personne », explique Yvic Gouzouguen. Au total, à 16, ils ont versé 240 000 € au capital. Et peu importe si quelqu’un a apporté moins qu’un autre, sa voix au sein de l’entreprise compte autant que celle des autres.
Les quinze employés et Jean-Luc Dumas sont aujourd’hui tous salariés associés. Ils récupéreront la somme qu’ils ont investie lors de leur départ de l’entreprise. « Surtout, ce qui a changé, c’est qu’on a tous le même pouvoir de décision. On peut dire ce qu’on pense, tout le monde peut donner son avis. On est tous patron ! » explique Philippe Carfantan, agent de production. Régine Le Méhauté, la comptable, fait partie de ceux qui y ont cru dès le départ. Elle a même refusé une offre d’emploi, alors que la Scop n’en était qu’à l’état de projet. Aujourd’hui, elle ne regrette pas son choix. « On partait pour se séparer et ne jamais se revoir. Et puis on s’est tous remonté les manches, et nous voilà. C’est génial ! » Et à la question, « et si finalement l’aventure dans laquelle ils se sont lancés échouait ? », la  réponse est unanime : « Et bien, on aura tenté ! »

« L’état d’esprit a changé »

Dans les ateliers de l’entreprise, il n’y a plus de chef, c’est la confiance qui prime. Chacun sait ce qu’il a à faire et si des choses doivent être améliorées, les salariés en discutent entre eux, lors de la réunion hebdomadaire du mercredi. « C’est une autre façon d’aborder son boulot, on n’a pas trop l’habitude encore de pouvoir faire comme on veut, sourient Laurent Oriac et Vincent Paulmier, les vernisseurs. L’état d’esprit a changé. On compte moins nos heures, puisqu’on travaille pour nous. »
Depuis le 1er septembre, l’entreprise, devenue Akty, a rouvert ses portes. Le magasin sera prêt le 26 septembre. Et les carnets de commande se remplissent tranquillement. « Je suis très optimiste, glisse Régine Le Méhauté, c’est bien parti. »

Manuella Binet
Hillion, 22

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